mardi 5 juillet 2022

POURQUOI L'HOMME EST-IL AMENE A MENTIR ? : Réflexions anthropologiques et Théologiques Prof. Jimi ZACKA

Pourquoi sommes-nous amenés à mentir ? Est-ce qu'un mensonge peut être une bonne chose ? A quoi nous sert de mentir ? De nombreuses questions qui exigent souvent des réponses. Pour débuter une expérience avec des enfants pour comprendre l'apparition du mensonge. Un enfant qu'on mène dans une salle où se trouve également un gâteau au chocolat. On lui demande de ne pas y toucher. L'enfant ne sait pas qu'il est filmé et l'adulte s'éclipse. Évidemment peu de bambins résistent. Simplement les plus jeunes, vers 3 ans, ne mentent pas et avouent avoir gouté au gâteau. Un enfant plus âgé va, lui, choisir le mensonge (ex : Genèse 3,1-6).

     Mais qu'est-ce qui fait qu'on va choisir le mensonge? C'est toujours la même chose : le bénéfice immédiat du comportement. On préfère dire aux gens ce qu'ils veulent entendre que la vérité. Peut-être une recherche d'être apprécié. Mais aussi souvent une manière de dissimuler un comportement trouble qui ne nous met pas en valeur ou qu'on va interpréter comme peu flatteur. Correspondre à l'attente des gens ou plutôt à l'idée qu'on s'en fait.

     A quoi sert de mentir ? Là est la question. Pourquoi ce besoin de travestir la réalité. Première possibilité : un sentiment de dénuer la conscience de toute culpabilité. En fait, le mensonge devient ici une manière de fuite de la réalité, une façon de la changer pour y avoir un meilleur rôle. Mais il implique également d'interpréter ce que les autres attendent de nous : leur dire ce qu'on pense qu'ils souhaitent entendre ou ce qu'on pense qui nous donnera une bonne image. Et là on arrive à une autre réalité du mensonge : la volonté de plaire, la volonté de correspondre à un modèle qu'on a défini soit même. La peur de décevoir les autres en plus d'accepter ses propres difficultés ou faiblesses. 

Le mensonge est donc avant tout mauvaise foi. Cette définition permet d’abord de distinguer, dans les formes que prend le faux, le mensonge de l’erreur, qui est de bonne foi, car conforme à la pensée de celui qui la commet. Elle permet aussi de remarquer qu’on peut parfois mentir tout en disant, par erreur donc involontairement, la vérité, si on avait justement l’intention de ne pas la dire. Ainsi l’élève qui cherche à “couvrir” son camarade absent en le disant malade, ce qu’il croit faux mais qui est vrai, commet bien un mensonge. Le mensonge est donc essentiellement intention de tromper, c’est-à-dire de dissimuler sa pensée.

Il est donc essentiel de noter que la vie en société serait assurément très différente de ce qu’elle est, si nous pouvions toujours connaître les pensées d’autrui, notamment à notre sujet, et si autrui pouvait connaître les nôtres. C’est pourquoi le mensonge, surtout si on y inclut le mensonge « par omission », joue un rôle social non négligeable. La plupart des hommes admettront (à moins de mentir) l’utilité sociale du mensonge : nous serions bien souvent dans l’embarras si certaines personnes, parfois proches, savaient tout le mal que nous pensons d’elles. Tout au plus pouvons-nous soutenir que, bien souvent, c’est pour leur bien que nous leur mentons, ou que nous ne leur disons pas la vérité.

Que le mensonge soit parfois utile, peu le contesteront. Est-il pour autant moralement justifiable ? Peut-on invoquer, dans certaines conditions, un droit moral de mentir ? Voilà de toutes autres questions. Dans tous les cas comme dans d’autres, la question « y a-t-il un droit moral de mentir ? » semble difficile à résoudre en elle-même, peut-être pouvons-nous au moins choisir entre deux possibilités : faut-il considérer les conséquences, pour soi-même et pour les autres, du choix de mentir ou pas, ou faut-il, sans penser aux conséquences, faire de cette question une « question de principe » ?

Seulement  « mentir par amour » semble injustifiable dans la Bible, cela n’est concevable que d’un point de vue humain. Le mensonge, dans la Bible, est incompatible avec la nature de Dieu. Dans Nombres 23, 19, il est dit : « Dieu n’est pas un homme pour mentir ». Or Dieu est amour, il  est la source de l’amour. Selon la Bible, on ne peut donc pas associer « amour » et « mensonge ». Et, si on creuse un tant soit peu, on est ramené à la parole de Jésus dans Jean 8, 44 où il traite Satan de menteur et de « père du mensonge ». Il va jusqu’à dire que « sa façon normale de parler c’est de dire des mensonges ». Jésus, lui, se définit comme étant la Vérité et comme disant la vérité.

     Il convient alors de savoir se taire, si on n’a pas la conviction de parler et surtout, si on ne nous demande rien. Il ne s’agit pas d’asséner des vérités pour le plaisir. Par ailleurs, n’oublions pas que le mensonge, même par amour, entraîne le mensonge. N’importe qui pourrait citer des exemples de personnes qui, à cause d’un mensonge, se sont trouvées prisonnières de ce mensonge. Le mensonge n’est pas libérateur. De plus, Jésus nous dit qu’« Il n’y a rien de caché qui ne soit découvert. » Lorsque le mensonge est, par la suite découvert, on est souvent confronté à un nouveau problème, celui de la perte de confiance. Il est donc  bon de se conformer à la parole de Paul aux Ephésiens 4, 25 :« Renoncez au mensonge et que chacun de vous parle selon la vérité à son prochain. » 

Prof. Jimi ZACKA

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.