dimanche 2 juin 2019

PEUT-ON BÂTIR L’ÉGLISE SUR L’ÉVANGILE AUJOURD'HUI ?

Dans notre société qui prône la nouveauté, le modernisme et l’innovation, avons-nous besoin d’idées novatrices ou de programmes à succès pour bâtir une Église en bonne santé?
Pourquoi ne pas plutôt revenir aux vérités de la Bible qui n'ont pas changé depuis 2 siècles? Pourquoi ne pas revenir à l’Évangile?
Il y a des hommes fidèles à la parole de Dieu qui désirent encourager les pasteurs et anciens à mettre, de manière réfléchie, l’Évangile au centre de l’Église pour l’édification du corps de Christ comme ce fut le cas dans les églises primitives.
Mais, à l'inverse, beaucoup prêchent le rejet des « vieilles méthodes » qui marchaient il y a cinquante ans, pour en instaurer de nouvelles, plus en harmonie avec notre monde postmoderne. D’autres encore suggèrent un retour au symbolisme religieux censé aider les gens à trouver le sacré et leur donner le rapport avec le passé qu’ils recherchent dans leur culte à Dieu. Certains préconisent des Églises de maison en appelant ces lieux "Ministères" . Il y en a même qui disent que nous sommes libres de pratiquer tout ce qui peut marcher dans notre contexte local, dès lors que ce n’est pas immoral. En effet, ils réfutent l'idée de mieux étudier la Parole de Dieu.
Mais comment naviguer dans ce labyrinthe des méthodes modernes de construction de l’Église ? Existe-t-il une boussole pour nous sortir de là ? Pouvons-nous nous élever au-dessus du foisonnement des modèles synthétiques du ministère pour avoir une vue plus claire afin d’avancer correctement ?
Ces modèles modernes, avec d’autres, supposent que Dieu se désintéresse des méthodes, ce qui compte c'est son amour et sa grâce : en d’autres termes, la fin justifie les moyens. « Si le modèle amène les gens à l’église, et qu’ils ont la sensation d’avoir loué Dieu le dimanche, ça doit être une bonne chose, n’est-ce pas ? »
Mais il faut aussi retenir que, lorsqu'il s’agit de bâtir une assemblée pour son nom et sa gloire, Dieu s’intéresse à la façon dont nous participons à ses buts rédempteurs (Jean 3.16).
 
C'est d'ailleurs pourquoi, en Marc 7.1-13, Jésus répond aux scribes et aux pharisiens ainsi : « Esaïe a fait une bonne prophétie sur vous, hypocrites, dans ce passage de l’Écriture : Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. Il est inutile, le culte qu’ils me rendent ; les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains. Vous laissez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes. ». Ainsi est dénoncée l"Eglise qui n'est pas bâtie sur la Parole de Dieu mais sur des traditions ou des dogmes, ou sur des intérêts d'assouvir nos désirs.

C'est dire que la puissance de l'Eglise ne vient pas de petits groupes, ou du fait que nous comblons toutes les attentes ressenties par le monde. Elle ne vient pas d’un programme quelconque d’évangélisation, de sketches humoristiques, d’un plus grand parking, ou de nos échanges prenant pour cible les nouveaux modes de vie postmodernes.

La puissance de l'Eglise vient du message unique que nous portons : l’Évangile (en grec, euangelion), pas de nos innovations. Elle vient de l'authenticité de la Parole de Dieu que nous proclamons, dont Jésus-Christ est le centre. Notre méthode principale doit être la communication claire de ce message au plus grand nombre possible de personnes.
 
 Bibliquement, ça veut dire que nous devons fidèlement et sans hésitation prêcher (en grec euangelizo) la repentance et la foi comme seuls moyens du salut (Mr 1.14-15). En Mt 16.18-19, Jésus le dit : "Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur ce roc je bâtirai mon Église...". L’Eglise, c'est l'affaire de Jésus. L’Eglise n'est que la manifestation visible des œuvres que nous accomplissons en obéissant en Jésus, à son ordre …Oui il y a beaucoup de méconnaissance, de compréhension charnelle de Matthieu 16 : 18. En effet, l'Eglise est appelée à proclamer le message du salut des hommes, et non des promesses des miracles qui ne sont qu'éphémères.

Ainsi, Jésus a besoin de pierres pour édifier ou bâtir son Église. Précédemment nous l'avons dit, l’Église est de nature spirituelle, alors Jésus a besoin et ne peut construire son Église qu'avec des pierres spirituelles et vivantes et non des pierres mortes et charnelles.  

Avant de regarder aux détails pratiques des moyens de mieux construire l’Église, soyons clairs sur la relation qui existe entre l’Évangile de Christ et les méthodes de ceux qui exercent un ministère d’édification de l’Église.
 
Que nous le sachions ou non, notre façon de penser l’Évangile forgera notre manière de le partager. Notre théologie de la Bonne Nouvelle influencera notre façon de bâtir l’Église sur la Parole de Dieu ou sur des dogmes forgés par nous-mêmes, éloignés de la volonté de Dieu juste dans le souci de servir nos intérêts.

Prof. Jimi ZACKA

vendredi 19 avril 2019

GOLGOTHA, LIEU D’UNE VICTOIRE INSOLITE

Ce nom qui désigne l'endroit où Jésus fut crucifié ne figure que dans trois textes : Mt 27:33 (ils arrivèrent à un endroit nommé G.), Mc 15:22 (ils le conduisent ainsi à G.) et Jn 19:17 (Jésus, portant lui-même la croix, vint au lieu qu'on appelle Crâne, en hébreu G.). Matthieu et Marc expliquent aussi tous deux que G. signifie : place du Crâne. Luc fait l'économie du mot sémitique et dit simplement : « Quand ils furent arrivés au lieu appelé Crâne » (Lu 23:33). Golgotha dérive, en effet, de l'araméen, goulgolta ou golgolta, correspondant à l'hébreu goulgôlet =crâne, tête ; la Vulg, traduit Calvaria, d'où le nom de Calvaire donné au lieu du supplice de Jésus. Au dire du 4 e évangile, seul, Jésus fut enseveli à proximité immédiate de l'emplacement de la croix, donc aussi dans les parages du Golgotha.
 
Pourquoi ce nom ? Différentes explications ont été proposées. C'était, a-t-on dit, la place d'exécution des criminels : des crânes y traînaient habituellement. A quoi il faut répondre que les Juifs n'auraient pas toléré pareille impureté et que Joseph d'Arimathée, conseiller de distinction, n'aurait pas possédé un jardin près de ce lieu macabre. Le nom Golgotha s'expliquerait mieux par la légende affirmant que le crâne d'Adam aurait été enterré à cet endroit ; mais cette tradition, qui serait d'origine juive, est probablement postérieure à la mort de Jésus : les écrits du N.T. n'en parlent pas plus que les anciens auteurs juifs ; et comment Pilate aurait-il osé procéder à une triple exécution à cet endroit forcément respecté par les Juifs ? Il est dès lors plutôt probable que la région du Golgotha doit, tout simplement, son nom à la forme du terrain : il se trouvait là non pas tant un sommet proéminent qu'une saillie se détachant, en promontoire, de la colline principale ; bien en vedette sur la rampe, ce ressaut de terrain rappelait vaguement, par ses lignes, une tête ou un crâne (cf. le mot arabe râs =la tête, le promontoire).

Mais plus importante est la question de savoir où se trouvait cet endroit. Le N.T., qui le suppose connu, n'apporte pas de grandes précisions à ce sujet. Il résulte des textes que le lieu où mourut Jésus est indubitablement en dehors, mais près de la ville (Mt 28:11, Jn 19:17,20, cf. Heb 13:12, Mc 12:8 et parallèle), et qu'à proximité passe un chemin fréquenté (Mc 15:29, Mt 27:39, Jn 19:20). Le tombeau de Joseph d'Arimathée, du reste, ne pouvait pas se trouver en ville ; et les exécutions, selon l'usage juif et romain, se faisaient en dehors des murailles, mais de préférence aux alentours des portes, pour que nombreux en fussent les témoins.

Conformément à ces indications, la tradition chrétienne, de bonne heure, a localisé le Golgotha au Nord de l'ancienne Jérusalem, à l'endroit où se dresse, aujourd'hui encore, le fameux sanctuaire du Saint-Sépulcre dont l'une des chapelles protégerait le rocher même du Calvaire. L'origine de cet édifice remonte à Constantin lui-même qui, en 326, fait démolir le temple païen élevé en ce lieu et lui substitue une magnifique basilique à la gloire du Crucifié. Eusèbe de Césarée raconte, dans sa vie de Constantin (III, 25-40), comment fut découverte, d'une façon inespérée, « la grotte du salut », et laisse entendre qu'on n'ignorait pas à cette époque où se trouvait le Golgotha, dont le nom bien connu n'avait pas été oublié. Il est permis de penser que la communauté chrétienne, de son côté, avait gardé le souvenir d'un emplacement aussi important dans l'histoire de son Maître. La forme du tombeau remis au jour par Constantin, et qui constitue aujourd'hui encore la principale relique de l'église du Saint-Sépulcre, correspondrait, au surplus, aux indications bibliques.

Une grave objection a cependant été faite à la localisation traditionnelle : l'enceinte de Jérusalem qui existait au temps du Christ se dressait, dit-on, au Nord du Golgotha admis comme authentique et, par conséquent, l'englobait dans ses murailles ; Jésus ayant été crucifié en dehors de la ville, le véritable Calvaire doit être cherché ailleurs. Et l'on a proposé divers emplacements, parmi lesquels le plus digne de retenir l'attention est celui du tombeau dit de Gordon (fig. 99) et de la colline sous lequel il se trouve, au Nord de la porte actuelle de Damas ; il a de nombreux et célèbres partisans. Ce problème a suscité d'ardentes polémiques. Il est très difficile, en réalité, d'établir dans le détail le tracé de la muraille qui allait de la forteresse Antonia au palais d'Hérode. Aussi longtemps qu'on n'aura pas prouvé que le mur contemporain du Christ était au Nord du Saint-Sépulcre actuel, il sera préférable d'envisager, à peu de chose près, l'emplacement traditionnel comme historique. « S'il n'y a pas de raison décisive pour placer le Golgotha à l'endroit précis où depuis Constantin la chrétienté tout entière l'a vénéré, il n'y a pas non plus d'objection capitale qui oblige de troubler à cet égard les souvenirs chrétiens. » (Renan.)
Diverses légendes gravitent naturellement autour de cet emplacement sacré. La plus célèbre et la plus ancienne prétend qu'Adam y est enterré ; ou tout au moins son crâne, comme on le dira plus tard. De là la présence d'un crâne au pied de plus d'une figuration de la croix : « Le médecin, dit Augustin, a été élevé là où gisait le malade. » Cette tradition s'est corsée de divers développements et dès 626 une chapelle d'Adam est placée dans le sanctuaire du Saint-Sépulcre. Une autre légende affirme que le Golgotha se trouve au centre du monde. C'est là, ajoute une autre encore, qu'Abraham voulut sacrifier son fils unique et que Melchisédec officiait. Aussi bien l'église du Saint-Sépulcre offre-t-elle, entre autres, à la vénération des pèlerins l'autel de Melchisédec [et la chapelle du sacrifice d'Abraham.

Quant au Calvaire proprement dit, il fut compris déjà dans la basilique de Constantin et il constitue, de nos jours encore, un des endroits les plus visités de l'église du Saint-Sépulcre. Sur le rocher, auquel on accède par un escalier, on montre une ouverture, sertie d'argent, où la croix aurait été plantée. Plus au Sud se trouve la célèbre fissure du rocher qui se serait ouverte à la mort de Jésus et qui s'étendrait jusqu'au centre de la terre. 

Voir A. Westphal, J.N. d'après Tim., II, pp. 80-196 ; Dalman, Itin., ch. XXI

Prof. Jimi ZACKA

mardi 18 décembre 2018

ÊTRE LE BON LEADER CHRETIEN


 C’est quoi être le bon leader chrétien ?  

 Pourquoi Dieu cherche-t-il toujours un bon leader?
 Que  faire pour devenir un bon leader ?
  Si chaque chrétien aspire à devenir un bon leader, comment se doit-il/elle de faire pour l’être? 


Toutes ces questions recouvrent de multiples dimensions liées à la question du pouvoir en leadership. Et, d’aucuns savent qu’Être leader dans ce monde, c’est penser en termes de rangs à occuper, de titres à porter, de grades à atteindre, du pouvoir à exercer. Au fond, l’idée consiste à commander.

Mais, comment,  de fait, est pensée la question d’être leader dans l’Evangile ? 
Dans ce manuel, l’auteur nous donne des réponses détaillées pour aider ses lecteurs    
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Auteur : Prof Jimi Zacka
 format : 13,5 x 21,5 cm 
pages : 126
Prix : 10 euros   


dimanche 21 octobre 2018

DE LA PAROLE À LA VIE. (Un regard africain sur Jn 1.14)


 La parole a été faite chair et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité. Et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme celle du Fils unique, venu du Père.  Jean 1 : 14

La parole est la qualité qui définit l’homme. Aucune autre créature n’a la capacité  de communiquer de manière réfléchie, articulée, créative et sensible. Comme nous le verrons, les paroles de l’homme sont investies d’un pouvoir de façonner l’univers de la même manière que Dieu donna originellement existence au monde par la parole. Nos paroles ont même la capacité de changer la réalité du temps, ainsi que le statut des personnes. C’est dire combien la parole est le fondement de l’être humain. Je ne parle pas seulement de la parole verbale (logos) mais de toutes les formes de langage que nous connaissons, voire même de rhêma

D’ailleurs, l’évangéliste Jean a bien une façon à lui de nous introduire son évangile. Rien à voir avec les autres récits de la vie de Jésus dans les trois évangiles. Jean nous invite à connaître un autre Jésus. Celui qu’il appelle la Parole.  Au départ, rien. Si ce n’est la Parole et Dieu (Jn 1.1-3). Jean différencie Dieu et la Parole sans pourtant les dissocier. Une Parole qui vient remplir l’espace vide. Tout se passe comme si, d’emblée, ces quelques mots : commencement, parole, Dieu, existence, vie, lumière, trouvent un écho immédiat en nous en tant qu’être humain. Un écho qui nous révèle que tout commence avec une parole. Avec un cri, le premier souffle d’un nouveau né. Toutes nos histoires commencent avec une parole, par une parole. Un oui, un non. La parole se donne, se partage, se reçoit. Avec la parole, nous commençons une vie, une histoire : nous construisons, nous détruisons. Nous disons et nous contre-disons. La parole a d’inévitables conséquences dans nos vies. Elle nous met toujours en mouvement, suscite en nous de multiples émotions. Avec la parole, nous bénissons et nous maudissons. Nous aimons et nous haïssons. Avec la parole, on reconnaît l’autre et on est reconnu par l’autre. Rien n’est plus insoutenable que le silence ou que de rester suspendu à une parole que l’on attend et qui ne vient pas. L’évangile de Jean vient ainsi nous rappeler que c’est Dieu qui a choisi le vecteur de la parole pour se révéler à l’homme. Il a choisi en l’homme ce qu’il y a de plus humain pour y révéler sa part la plus divine. Le Dieu de Jean est un Dieu qui parle. C’est un Dieu qui se révèle par la parole. Mais ce Dieu ne parle pas à n’importe quelle créature. Il nous parle à nous humains. Dieu parle à nous qui possédons cette faculté de pouvoir exister dans l’échange, dans la relation, par la parole. C’est ce que veut nous signifier Jn 1.14 : « La Parole est devenue un homme et il a habité parmi nous » (v.14). 

C’est dire que si Dieu nous parle, cette Parole doit se vivre. Cette Parole doit grandir en nous pour devenir notre parole, une réalité palpable dans notre vie et pour nos prochains. Autrement dit, notre parole doit être empreinte de Sa Parole. En effet, la parole se doit d’être un vecteur de vie entre les hommes. La parole doit doter l’homme de la capacité de donner vie à l’autre. Car, parler c’est accepter de prendre le risque d’être. Pas  seulement d’être, mais de devenir quelqu’un tourné vers l’autre pour exister. 
Par Sa Parole Dieu invite l’homme à prendre lui-même la parole. Notons que dans le jardin d’Eden, Dieu ne place pas des paroles « toutes faites » dans la bouche d’Adam. « Il attend pour voir » quelles paroles l’homme va imaginer et, ensuite, va prononcer, paroles indispensables pour mener à bien sa responsabilité de maître de la terre. Le langage auquel Dieu invite l’homme dépasse une simple fonction utilitaire. Dieu provoque aussi chez l’homme des paroles d’émerveillement, d’enthousiasme, d’admiration : Quand Dieu présente Eve à Adam, celui-ci s’écrie: « Voici bien cette fois celle qui est os de mes os, chair de ma chair. » (Gn2.23). De même, Il propose à l’homme d’assumer des responsabilités importantes.  Il les précise au verset 15: « Dieu établit l’homme dans le jardin pour le cultiver et le garder. » Et, un peu plus loin, au verset 19: « Dieu fait venir les animaux vers l’homme pour voir comme il les nommerait, afin que tout être vivant porte le nom que l’homme lui donnerait. » Dieu ne fait pas tout pour l’homme. Il l’invite à assumer ses propres responsabilités. Par cette parole, Dieu montre à quel point il est sensible aux besoins sociaux de l’homme. Dieu sait qu’Adam a besoin de lui, mais il reconnaît aussi que sa propre présence et sa propre parole ne lui suffisent pas! Adam a également besoin d’une compagnie humaine: quelqu’un qui serait à la fois comme lui et différent de lui. Dieu comble ce besoin par la création d’Eve.
Dans la tradition africaine, la parole du sage est créatrice et constitue la force vitale, et le souffle humain en dépend. C’est pourquoi, parler à l’autre ou de l’autre, c’est renouveler la création elle-même, lui redonner la vie et lui assurer la pérennité. Les mots sont empreints de puissance créatrice et du sacré. En outre, les sociétés africaines, dans leur diversité, considèrent la parole comme élément essentiel de cohésion communautaire. La parole, dans sa fonction sociale, revêt un pouvoir vital. Ainsi, le corps et la parole sont étroitement liés et considérés comme des éléments constitutifs de l’homme. Les conceptions de la parole comme puissance et de la parole comme essence et réalité impliquent celle de la parole créatrice.  Voilà pourquoi l’arbre à palabre occupe une place de choix dans les sociétés africaines. Devant des problèmes sérieux de l’existence : la naissance, le mariage, la mort, les africains se retrouvent pour réfléchir, causer ensemble afin de se soutenir mutuellement en face de l’événement heureux ou malheureux.

Mais la parole, en tant que principe de vie, primauté, prévalence d’un système social, ouvre aujourd’hui un pan de voile à une situation qui s’impose. Il s’agit ici, de dire si l’on peut encore être valablement « maître de sa parole » à l’heure de la mondialisation.  Bien plus, à l’heure des échanges tous azimuts, à l’heure où l’on parle de civilisation universelle, à l’heure où la planète tout entière est engagée au rendez-vous d’une «pensée unique »,  pouvons-nous demeurer encore valablement « propriétaire » de notre parole ? Dans un sens, non. Dans un sens, oui. Oui, parce que la parole humaine contient potentiellement, depuis l’origine, la possibilité d’être au service de plus d’humanité, d’un lien social plus symétrique, plus respectueux de l’autre et plus doux à vivre  S’il est des vérités qui restent éternelles, s’il y est des essences qui restent immuables, il est du reste possible d’affirmer que l’homme est la parole. Elle fait partie de son être et n’a de sens qu’à travers l’homme. Elle et lui sont donc, consubstantiels et se présupposent bilatéralement. Mais, pour que la parole humaine soit efficiente, il faut qu’elle s’imprègne de la Parole de Dieu. C’est pourquoi, il est absolument important pour nous chrétiens, nous qui voulons chercher Dieu de nous poser la question suivante : quelle place la Parole de Dieu occupe-t-elle dans ma vie ?  

Si nous faisons entrer en nous la Parole de Dieu, elle nous envahit pour nous juger, et pour nous soutenir. Et à travers cette double action, -- jugement et soutien—nous entrons de plus en plus dans une relation intime, d’amour avec Celui qui est la Parole pleine de grâce et de vérité.  

 Prof. Jimi ZACKA
  Exégète