jeudi 8 mai 2025

L'IMPORTANCE DU DEPARTEMENT DES AFFAIRES RELIGIEUSES EN CENTRAFRIQUE (Prof. Jimi ZACKA)

Titre : Pour une gouvernance inclusive et pacifique des activités religieuses : Il faut qu'on instaure le département chargé des affaires religieuses en République Centrafricaine (à l'instar d'autres pays africains).

Introduction Depuis plusieurs décennies, la République Centrafricaine est marquée par une cohabitation religieuse fragile, parfois mise à mal par des conflits politico-militaires et des instrumentalisations des milieux religieux. Pourtant, les leaders religieux ont souvent joué un rôle clé dans la médiation, la paix et la réconciliation. Dans ce contexte, il devient urgent de réformer en profondeur le département chargé des affaires religieuses afin de favoriser la stabilité, le dialogue interreligieux et le développement harmonieux du pays. Ceci permettra aussi aux acteurs religieux d'avoir un statut digne qu'ils méritent.

I. Objectifs de la réforme

·      - Clarifier le rôle de l'État dans la régulation du religieux.

·       - Garantir la liberté de culte dans un cadre juridique équilibré.

·       -  Lutter contre les dérives extrémistes et les discours de haine.

·       - Promouvoir les spiritualités traditionnelles comme patrimoine culturel national.

·       - Faire des confessions religieuses des partenaires de développement et de paix dans le pays.

II. Principes directeurs

1.     Respect de la laïcité dans sa forme contextuelle : neutralité de l’État, non-ingérence dans la doctrine.

2.     Parité de traitement entre toutes les confessions religieuses.

3.     Inclusion des religions traditionnelles africaines.

4.     Participation citoyenne et dialogue constant avec les acteurs religieux.

III. Mesures structurelles proposées

 

1. Création de l’Agence nationale de régulation des cultes (ANRC)

·      --  Organe public autonyme, multisectoriel, impliquant les leaders religieux, l’administration et la société civile.

·       -- Mandat : enregistrement des cultes, médiation, veille citoyenne, soutien aux initiatives sociales confessionnelles.

 

2. Mise en place d’un registre national numérique des cultes

·       Recensement des lieux de culte, des responsables religieux et de leurs activités sociales.

·       Suivi transparent et accessible au public.

3. Révision de la loi sur les confessions religieuses

·      --         Intégration des principes de liberté religieuse et de responsabilité sociale.

·   --   Introduction de critères objectifs d’agrément (formation, implantation locale, respect de la législation).

4. Dialogue interreligieux renforcé

·       -- Création du Conseil Interconfessionnel Centrafricain (CIC), avec des antennes préfectorales.

·       -- Programmes de dialogue à l’école, dans les universités, et dans les médias.

5. Intégration des spiritualités traditionnelles

·      --  Reconnaissance juridique des autorités religieuses traditionnelles.

·       -- Appui à la transmission des savoirs ancestraux et création de centres culturels interreligieux.

6. Formation et prévention des extrémismes

·       -- Formation civique obligatoire pour tout nouveau responsable religieux.

·      --    Cellule de veille et de prévention des dérives religieuses, en lien avec les communautés.

7. Partenariats pour le développement

·       -- Signature d’accords entre l’ANRC, les confessions religieuses et les ministères sectoriels (santé, éducation, environnement).

·      --    Financement partiel de projets sociaux à portée religieuse via un fonds dédié et auditable.

IV. Mise en œuvre

·       Phase 1 : Consultation nationale et rédaction de la nouvelle loi (6 mois).

·       Phase 2 : Création de l’ANRC, du CIC et lancement du registre numérique (6 à 12 mois).

·       Phase 3 : Formation des responsables et mise en place des cellules régionales (12 mois).

Conclusion Cette réforme vise à construire un cadre apaisé, inclusif et moderne de gestion des milieux  religieux en Centrafrique. Elle met en valeur la diversité spirituelle du pays comme levier de paix, de développement et de souveraineté culturelle. Le soutien des autorités publiques, des confessions religieuses et des partenaires au développement sera déterminant pour sa réussite. Le but est de créer son territoire dans l'espace public afin de mieux accomplir sa mission dans la société.

 _______________________________________

 DETAILS

II. Réformer le département chargé des affaires religieuses dans un pays africain suppose de reconnaître les enjeux contemporains liés à la diversité religieuse, à la paix sociale, à la gouvernance et à la souveraineté culturelle. Voici les grandes réformes à envisager :


1. Clarification du cadre légal et institutionnel


Codification des relations État-Religions : Mieux définir le statut juridique des confessions religieuses (reconnaissance, droits, obligations).
Indépendance institutionnelle : Créer une haute autorité interreligieuse indépendante pour éviter la politisation des milieux religieux.

2. Encadrement transparent et équitable des cultes


Égalité de traitement : Garantir que toutes les confessions religieuses soient traitées sans favoritisme, tout en respectant les traditions locales.
Système d’agrément clair et équitable : Fixer des critères objectifs pour reconnaître les structures religieuses (formation des responsables, ancrage local, respect des lois nationales).

3. Dialogue interreligieux structuré


Création de conseils interreligieux régionaux et nationaux : Plateformes de médiation, de prévention des conflits et de collaboration sur les sujets sociaux.
Éducation au pluralisme religieux : Promouvoir une culture de respect mutuel dès l’école.

4. Contrôle et prévention de la radicalisation

Surveillance non intrusive : Suivi des discours religieux dans le respect des libertés, mais en luttant contre les appels à la haine.
Formation civique des leaders religieux : Modules sur les droits humains, la citoyenneté, la non-violence et les valeurs républicaines.

 

5. Valorisation du rôle social des religions


Partenariat dans l’éducation, la santé et l’écologie : Encourager les initiatives religieuses dans ces secteurs via des conventions.
Appui aux œuvres sociales confessionnelles : Soutien administratif, juridique et parfois matériel.

6. Intégration des spiritualités traditionnelles africaines


Reconnaissance culturelle et religieuse : Intégrer les autorités traditionnelles dans les cadres de concertation.
Recherche et documentation : Encourager les universités à étudier et valoriser les pratiques religieuses ancestrales par des recherches et publications.

7. Numérisation et modernisation du département


Registre numérique des cultes et lieux de culte.
 
Formation du personnel administratif : Sur les enjeux religieux contemporains (migration, diasporas, religions nouvelles, etc.).
 
                                                                                 Jimi ZACKA, PhD
                                                                 Théologien, Chercheur, Auteur

 

 

1 commentaire:

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.